28 décembre 2004

La nuit était claire, la lune était presque pleine, et aucun bruit dans la rue. Cela aurait pu être très reposant… avant. Plus qu'une centaine de mètres et une rue à gauche et il pourrait s'allonger et essayer de dormir. Dormir, c'était devenu de plus en plus dur, 1 heure pour s'endormir et 1 heure pour le premier réveil et encore une pour s'endormir… La fatigue physique s'ajoutait à la fatigue morale et mentale, rien n'allait vraiment plus.

-          "brrgge rbgrear bergrr grat brgegr brrgrrh !!!!"

-          Encore !!! Non !! Ce n'est pas possible !! Stop, arrêtez !!!

Il avait pratiquement hurlé dans la rue, la voix n'avait pas durée 5 secondes. Les deux mains appliquées sur les oreilles, il s'était à moitié courbé sous la douleur et la peur. Il releva la tête, regarda autour de lui, personne n'avait remarqué son attitude inquiétante. Et personne de vivant aux alentours d'où pouvait provenir cette voix. C'était trop, c'était la première fois que la voix, ou cette chose…avait été aussi forte et douloureuse. Tout ça ne s'arrangeait pas.

Ce soir il allait mettre la dose en Valium, qu'il avait déjà dangereusement dépassé. Il fallait dormir, se détendre, faire le vide, tenir au moins jusqu'à samedi et demander une consultation à un spécialiste. Régler le problème du hacker et prendre des vacances. Voilà !! Et après, tout cela ira beaucoup mieux.

La méthode Coué n'avait jamais marchée, mais bon, il pouvait toujours essayer.

Il redoubla son pas et finit par arriver sans encombres sur le pas de son immeuble. Le code, l'ascenseur, la clé dans le verrou, enfin chez soi !!! Il poussa un soupir de soulagement même s'il savait que les douleurs ne s'en iraient pas, mais au moins il pourrait souffrir dans le confort et hors des regards indiscrets.

-« Avant tout un whisky, pour bien m'assommer et au lit. »

Alcool et médicaments ne vont pas ensemble et il le savait, mais la veille le cocktail avait fait effet, il avait pu s'endormir en moins d'une heure et dormir deux heures d'affilées !!! Il alla ensuite dans la salle de bains et pris 5 comprimés du tube de Valium maintenant vide. Puis regagna son salon, s'assit dans son canapé et saisi la bouteille de Jack Daniels qui traînait sur la table basse. Une rasade à même le goulot pour chaque comprimé, l'affaire était faite. Il hésita une seconde puis alluma la télévision restée en veille.

- « Regarder les infos va m'achever !!! Dans 5 minutes je dors.. »

Les infos venaient juste de se terminer, laissant place à la publicité, et les écrans rapides et colorés des spots eurent un effet hypnotique rapide. Mais après 5 minutes, les évènements  prirent une tournure étrange. Les images devinrent floues, le son distordu, l'écran semblait vaciller de droite à gauche. Sa bouche s'assécha d'un seul coup et les premières nausées apparurent. Il se leva, un peu trop brusquement, et crut qu'il allait vomir immédiatement. Il se retint, alla en titubant vers les toilettes, mais s'écroula devant la porte. La vision de son appartement était complètement déformée, les murs semblaient convexes et le sol concave. Il avait énormément de mal à s'orienter, il se demandait même si la porte qu'il devinait devant lui était bien la porte des W.C. Dans un effort terrible il prit appui sur la poignée pour se relever, mais sa main ripa et il s'écroula une deuxième fois, heurtant violemment de sa tête un meuble quelconque. La douleur fulgurante le secoua quelque peu de sa torpeur, il porta instinctivement sa main à sa tête et sentit un liquide chaud sur ses doigts.

-          Et merde !!!

La vue du sang le fit vomir immédiatement, il s'écoeurait ; la honte l'envahit. Mais la peur également, qu'avait il fait ? Se mettre dans un tel état… Il n'en pouvait plus, il fallait vraiment que tout cela cesse. Les vertiges semblaient cependant se calmer, il fit une tentative pour se relever et  arriva à s'adosser au mur. Il avait de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts, mais dès qu'il les fermait son corps semblait tourner dans tous les sens. Il avait froid et des gouttes de sueur ruisselaient de toute part. Il passa sa langue sur ses lèvres sèches, il eut un haut le cœur. Il risqua un pas de côté se servant du mur comme guide, atteint l'angle reliant le salon au couloir. La porte de la chambre semblait reculer alors qu'il devait en toute logique s'en rapprocher.

Mais le pire était encore à venir, dès qu'il s'aperçu que ses pieds ne touchaient plus le sol.

Posté par Bolki à 22:35 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur La nuit était claire, la lune était presque

    ça vire dans le Lovecraftien !

    des borborygmes ineptes !
    des hallucinations !
    la nuit et la lune, le silence, le monde reposant qui précède la tempête...

    et du sang.

    Cthulhu n'est-il pas loin ?
    Ou est-ce Hastur ? Azatoth ?

    Tout ça en version moderne. Genre Cthulhu 90 ou Delta Green si tu connais les JDR de cette sorte.
    Pourquoi ne pas faire revenir un Grand Ancien via la matrice informatique de la bourse de Paris ?

    J'attends de voir comment tu vas basculer dans l'heroïc fantasy.
    Nico

    Posté par nico, 29 décembre 2004 à 09:18 | | Répondre
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